Subtank : le coup de foudre

Subtank : le coup de foudre

Cela faisait longtemps que je l’attendais celui-là et j’ai enfin pu mettre la main dessus. Il est plutôt rare que je me mette à écrire quelque dix minutes après avoir ouvert une boite mais le résultat est bel est bien là : le Subtank, c’est la Rolls des clearomiseurs. Je sais, c’est en substance ce que j’avais dit pour l’Atlantis mais, comme disait Reiser, « on vit une époque formidable », surtout en ce qui concerne la vape. Je ne sais pas si 2015 proposera autant de rebondissement qu’entre décembre 2014 et janvier 2015 mais c’est quand même assez époustouflant. Car le Subtank est là. Prêt à prendre la relève ?

Ça, je n’en suis pas sur ; pour tout vous dire, je n’ai pas bien compris encore à qui peut s’adresser ce clearo d’exception. Les vendeurs sont des êtres doués d’un sixième sens que je n’aurai probablement jamais. En jetant un simple coup d’œil sur une batterie ou une résistance, ils connaissent la cible à qui ces accessoires s’adressent : « ce clearo, ça sera pour le hipster qui déroule les kilomètres en Harley entre Angoulême et La Rochelle aux alentours de mi-février en écoutant la BO d’Easy Rider » ; « ce tour de cou, ça sera pour le chef d’entreprise qui lisait Charlie première génération mais dont le seul objectif aujourd’hui est de voir le dernier niveau de Candy Crush et à cause de ça, il déprime un peu » ; « ce drip tip est pour les nerds allergiques à Windows qui adore compiler le kernel en caressant le tatouage de Linus Torwald qu’ils ont sur le bras ». Si, si, un vendeur, ça sait tout ça.

Mais je crois que tous se demandent à qui s’adresse ce foutu Subtank. Personnellement, si je ne suis pas passé définitivement aux reconstructibles, c’est que je suis un gros flemmard. Ayant pris conscience que je ne serai jamais un virtuose du coil, je n’éprouve pas non plus un besoin viscéral à m’inonder les poches de mes meilleurs liquides en cas de construction perverse ; oui, perverse : une de celles qui vous dit à l’ohmmètre que tout baigne, qu’à priori les arômes sont bien rendus mais qui 20 minutes plus tard vous explose dans la poche laissant ainsi des trainées louches, de là à là, c’est-à-dire de l’entrejambe jusqu’au genou. Aussi suspectes qu’un sac Adidas posé contre un mur à Gare du Nord.

Donc, je ne me rue pas sur les derniers mods philippins mais sur toute l’actualité Kanger, Aspire et Joytech. Ça fait déjà pas mal de choses à tester. Une concurrence saine entre trois marques qui repassent tour à tour premier. Chaque mois, on découvre des choses qui restituent de mieux en mieux les arômes avec un confort d’utilisation grandissant. Il y a encore deux ans, le moindre remplissage vous mettait les mains dans le même état que le corps huileux de Kim Kardashian. Aujourd’hui, on ne renverse plus une goutte, on peut même se permettre de ne plus utiliser de Sopalin. J’avais d’ailleurs acheté une remorque d’essuie-tout à cette époque que je n’aurais pu écluser sans le geste des trois abrutis. Mais c’est une autre histoire, revenons au Subtank.

L’ouverture de la boite se passe en deux temps. On ouvre ce petit coffret comme si on ouvrait un tiroir. On prend le Subtank, un monstre. C’est la première fois que j’ai l’impression de toucher quelque chose d’un peu luxueux dans le non reconstructible. On dévisse par le bas, on remplit… Le réservoir semble aspirer tout un flacon. Ce n’est pas qu’une impression d’ailleurs ; avec une contenance de 6ml, les flacons de 10 feront les artistes d’arrière plan, de la figuration si vous préférez. On le retourne et ô miracle… Kanger a enfin compris la frustration que l’on avait lorsque l’on retournait un Aerotank après l’avoir rempli au max et que l’on s’apercevait que la base du ménisque n’atteignait pas la moitié de la hauteur du réservoir. Avec le Subtank, quand on le place dans sa position normale d’utilisation, le liquide est bien tout en haut. On fixe l’engin sur le premier mod digne de ce nom qui se pointe pour lui rendre honneur et on attend, bien sur que le liquide se répartisse dans la résistance histoire de ne pas la flinguer à la première vape. Les résistances ayant un prix de vente qui grossit exponentiellement à chaque nouvelle génération de clearo, ça serait quand même dommage. On en profite donc pour aller faire les courses, regarder un ancien épisode de Game of Thrones (oui parce que si vous attendez la saison 5, il vous faudra attendre le 12 avril ; c’était l’info en plus de ce texte), lire un autre texte du blog ou passer à Kitclope histoire de voir les nouveautés.

Après le remplissage donc, après avoir laisser le liquide imbiber la résistance, on teste. Et là, on est immédiatement transporté. A quoi bon s’occuper du reconstructible vu les arômes délivrés dans l’itération à utiliser clé en main ? C’est franchement génial. Pour tester chaque nouveau clearomiseur, j’utilise toujours un liquide de grande qualité, de type Five Pawns. Toutes les saveurs sont présentes. Le Queenside vous transporte directement dans une orangeraie dans laquelle il pleuvrait des gouttes de vanille. C’est savoureux. En termes de rendu des saveurs, c’est un véritable paradoxe. Quand on voit un engin pareil, on se dit que la finesse n’est pas de mise, qu’on l’utilise uniquement pour sa contenance, son autonomie. Ce n’est pas totalement faux ; avec 6 ml dans le réservoir, il faut vraiment y aller très fort pour le vider dans un cycle de 24 heures. Bon, je dois dire que lors de certains vapéros, notamment ceux de Kitclope de la rue de Condamine à Paris (tous les jeudis soir, ouvert à tous !), je vois parfois le fond ; ça reste des circonstances exceptionnelles. Mais l’autonomie n’est pas son seul intérêt : les arômes sont là et au niveau design, ça le fait bien.

Oui, en termes de look, j’adore aussi. Mais tout le monde n’adhère pas. J’avoue que lorsque je passe à la boutique, je passe pour un excessif. J’ai rarement des cigarettes électroniques de moins de 20 cms. Et ce n’est pas le Subtank qui va arranger les choses. Dans le regard des gens, j’arrive à décrypter : « des e-cigs de cette taille, il compense des problèmes sexuels ». Ca se saurait s’il y avait un lien, Freud en aurait parlé. Or Freud n’a jamais parlé de la taille de la cigarette électronique. Donc, ça n’a rien à voir. Revenons au look. La plupart des gens ne sont pas fans des deux traits rouges qui entourent le clearo (ce sont les joints en fait). Si vous voulez tout savoir, il y en a même un troisième sur le drip tip. Très pratique quand on l’utilise sur d’autres clearos, qu’on passe de l’un à l’autre, lors de vapéros, pour se souvenir de celui que l’on possède.

Parlons maintenant du sujet un peu ennuyeux. Rien de très grave. Mais ça concerne la consommation des résistances. A la génération de clearo précédente, je pense en particulier au Nautilus de chez Aspire, on avait des accessoires incroyablement solides qui s’inscrivaient dans la durée. Je me souviens avoir fait vivre une résistance au delà d’un mois ; en général, on en change toutes les trois semaines ou au premier goût de cramé. Là, l’expérience ne semble pas pouvoir aller au delà de dix jours. Bon, ce n’est pas la ruine, le budget résistance est loin d’être comparable à celui des liquides mais ça reste plus ou moins une fréquence de changement qui est divisée par deux. Je pense cependant que ça en vaut la chandelle si on compare à la génération de clearos précédente (les Aerotank, par exemple, chez le même constructeur) si on met dans la balance les autres points forts. De toute façon, le problème de ces consommables n’en est pas vraiment un dans la mesure ou le Subtank est reconstructible et c’est l’occasion ou jamais de faire ses propres montages.

Dernière petite considération sur les résistances livrées clé en main. Elles sont comme d’habitude livrées au nombre de deux. La première est en 1,2 Ω, la seconde en 0,5 Ω. En 1,2, c’est un peu décevant, l’expérience est très bonne mais demeure classique. Ce n’est qu’en 0,5 que ce clearo prend tout son sens. Bien sur, ça envoie, on ne commence pas à vaper avec ce genre de choses. Par contre, en termes d’évolution, c’est idéal.

Donc, bien que ce clearo soit vraiment à part, c’est une expérience à avoir. Il ne laisse personne indifférent. Mais de par ses caractéristiques hybrides, je ne pense pas qu’il fédère un grand public derrière lui.

Dans un prochain article, je reviendrai spécifiquement sur l’aspect reconstructible du Subtank.